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Signé le mandat de vente de notre maison, signé une offre d'achat d'une autre maison en sirotant un Américano.

18 heures 07, rue Parmentier, Montreuil

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Heure blanche ce matin, Cossonay par la fenêtre de la classe 210. En contrebas l’entaille de la Venoge, au-dessus Mont-la-Ville, d’où sort un fil tendu qui se déroule à flanc de coteau jusqu’à la Praz ; plus haut la ligne verte du Jura, plus haut encore le ciel bleu. On devine le moulin de Lussery et la Sarraz, et le canal d’Entreroches, creusé dans le calcaire du Mormont par un Fitzcarraldo du XVIIe siècle, Elie du Plessis-Gouret, Breton établi à Delft. Regret. Ce rêve de grandeur, abandonné en 1648, aurait permis enfin de mêler les eaux du Nozon avec celles de la Venoge, et fait de Pompaples le centre de l’Europe, plaçant les ronges-pattes à mi-chemin de Marseille et de Rotterdam.

7 heures, Corcelles-le-Jorat

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Depuis l'aube on y voit déjà le retrait de la lumière, les oiseaux ont migré, on réinvente.

10 heures 21, bd de Chanzy, Montreuil

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Imaginons un instant que l’école se mette au diapason et renonce au découpage disciplinaire ; la voici qui serait amenée à réorganiser le temps scolaire, à reformuler le rôle des enseignants et à mobiliser l’enfant dès son entrée en classe, à mille lieues de cette vie de cul-de-plomb assisté qui caractérise l’écolier européen, enfermé dans une double grille, horaire et disciplinaire.

19 heures, Oron-la-Ville

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Le dernier bain inscrit dans ma mémoire la sensation des bonheurs d'eau douce accumulés, les baignades de l'été vont se diluer au fil des mois à venir en projetant les retrouvailles de l'été prochain.

10 heures 10, bain des dames, Cully

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Dernière rentrée scolaire demain matin. Sur un post-it, le rappel de quelques rendez-vous pris l’année dernière, et quelques fragiles convictions : les gamins ne sont pas des idiots et l’occasion fait le larron ; l’imprévisible fait partie de notre condition et certains biens sont souvent mal acquis ; la connaissance ne se construit pas brique à brique ; les programmes ne viennent qu’à posteriori souligner l’importance qu’une génération donne aux choses et aux événements ; les nouveautés apparaissent à ceux qui acceptent d’avancer désarmés et parfois déboussolés...

18 heures, Concise

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Un jour, j'apprivoiserai l'autre versant.   

17 heure 31, gare d'Epesses


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Dans les lourds sacs à dos de nos gamins, des livres, des cahiers, des brochures, des dossiers qui voyagent de l’école à la maison, de la maison à l’école, à l’image des bûches de foyard que leurs grands-parents apportaient autrefois pour nourrir en hiver le poêle qui les réchauffait. Les temps ont changé, un simple parpaing règlerait désormais l’affaire.

11 heures, Froideville

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... J'étais au début d'un voyage tout nouveau qui devait me conduire plus avant vers la vie complète et harmonieuse que je cherchais instinctivement, il me fallait apprendre d'abord à connaître les terres "inconnues" de mon propre esprit... (Ti-Puss, Ella Maillart)

8 heures 15, St Luc



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Passer, une activité à plein temps.

17 heures, Corcelles-le-Jorat

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Passer au-delà des marmottes et des chevreuils, il faut de la patience pour aller à l'embryon des rivières.

13 heures 06, lac Bella Tola, 2579m, val d'Anniviers.

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On ne s’éloigne guère du lieu où l’on a vu le jour. Où qu’on aille. Sans quoi on ne passerait pas.

14 heures, Corcelles-le-Jorat

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Entre forêts et pâturages chaque instant laisse place au suivant, le temps de méditer les sons, les visions, les odeurs, les sensations.

13 heures, Anniviers, St Luc




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Le maître n’a qu’une seule tâche, celle de maintenir ses élèves à distance, aussi longtemps qu’ils n’ont pas pris la main.

18 heures, Epalinges

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J'aime les marches à la cadence de mon souffle, la destination: une baignade royale, purifiante, saisissante, vivifiante, un air de liberté à 2659 m. D'altitude.

12 heures 38, lac du Toûno

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Grosse agitation sur la place ovale du marché. A l'est une fontaine plongée dans l’obscurité, sur la margelle de laquelle une poignée d’enfants s’affairent dans un impeccable désordre. A l’ouest, quelques tables rondes sous un lampadaire, autour desquelles des adultes boivent un coup ; l’humeur est à la complaisance, c’est qu’ils font tourner le monde, cycles et épicycles. L’opération ne se fait pas sans anathème, chacun expose ses rancunes, ses motifs. Peu de mouvements dans la composition des groupes, ici un traitre qui l'ignore encore, là un indépendant en disgrâce. Globalement le monde va mal, Il faudra compter avec la couche d'ozone et la précession des équinoxes, serrer les dents, ça aide, serrer les rangs, ça réchauffe. Ils se congratulent tandis que les enfants, infatigables, continuent leurs travaux d’irrigation.

16 heures, Corcelles-le-Jorat

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D'un lieux à l'autre, sous l'ombre des mélèzes murmurant le vent dans leur barbe, le sentier exhume la sourde chaleur du coeur de l'été, les fraises des bois fondent sous la langue. L'intention est parfaite.

16 heures 08, entre St Luc et Chandolin

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Oscillant entre la déception de n'avoir rien retenu et le détachement, l’insouciance, la légèreté.

16 heures, Lausanne

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La bascule entre la frontière du réel et une vision imaginée, ouvre de nouvelles perspectives de transformations.

11 heures 04, Cully

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Les longues chaînes de raisons invoquées par certains penseurs pourraient identiquement, moyennant un minuscule déplacement d’angle, une légère inclinaison, un incident, un lapsus, les conduire sans qu’ils s’en avisent à une conclusion inverse, celle qu’ils souhaitaient exclure. Si bien que, à chacune de leurs apparitions, on espère, sans le dire à personne qu’un coup de théâtre les conduira, à la fin, à renoncer à l’une comme à l’autre, et à revenir en-deçà du carrefour où ils se sont engagés et à demi fourvoyés. Les obligeant ainsi, la fois suivante, à demeurer en amont de tout parti pris, de toute décision.

19 heures, Villars-le-Terroir

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Les nuits de San Lorenzo, 3 heures 30 du matin, nous avons pris le temps de nous considérer avec le renard avant de nous fondre dans les vignes chacun dans sa direction, je me suis étendue à l'abri du vent sur un mur de pierre dans les hauteurs du village, les yeux rivés vers la voûte céleste à observer les étoiles filantes, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, ... 1, 2, 3 satellites.

22 heures 08, Riex


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Attendre aussi longtemps que le désir nous tient éveillés, mais en gardant la force, le moment venu, de tourner les talons.

11 heures, Lausanne

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Le courant me ralentit dans la progression, je dévie de trajectoire, et reviens rassérénée, accomplissant une courbe.

10 heures 42, le pêcheur, Cully

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Un incendie se déclare chez Jean-Rémy. Les pompiers arrivent sirène au vent, ni une ni deux, plongent une pompe à eau dans sa piscine. Jean-Rémy tape alors sur l’épaule du capitaine :
- L’eau est déjà à 23 degrés, je préférerais ne pas...

14 heures, Corcelles-le-Jorat

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On y entre comme on en sort, sans faire de vagues, exceptionnellement j'entends : «Ça va par Paris? » ou bien : «Et ton mari?» La température est prise, tout est dit.

9 heure 30, Cully

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Il écarte l'écorce et y glisse le greffon, comme on glisserait une lettre dans une enveloppe.

19 heures, Corcelles-le-Jorat

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Tirée de ma rêverie lacustre, j'observe les souvenirs de la maison de mon enfance glisser sur l'eau, le monde me traverse, je fais le tri.

17 heure 07, lac Léman,  Treytorrens  


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Les réponses ont une vertu, elles tranquillisent, comme le font les formules incantatoires et les rituels domestiques. Mais en enfermant dans un énoncé définitif ce que la question avait élargi, elles repoussent les acteurs de la vérité loin du jeu des lumières et des ombres, propres et portées. Il va leur falloir nager à contre-courant pour s’étonner à nouveau.

21 heures, Venterol

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Dans un demi-sommeil, à bout d'agacement  je prends mon livre et écrase le moustique qui me tourmente depuis des heures, instantanément mon sang ne fait qu'un tour, les portes de l'enfer s'ouvrent, ce geste me fait bondir dans la nuit pour constater les dégâts, une tache de sang frais sur le mur d'une blancheur immaculée, honte à ma maladresse; des amis absents me prêtent leur maison toute neuve, ils vont être déçus.
Après avoir regardé sur internet "nettoyer une tâche sur un mur blanc" j'arpente les placards à la recherche du produit miracle, je tamponne la trace avec un petit coton et une poudre de perlimpinpin, la tache ne disparaît pas, le mur résiste, je me sens soudain comme la dernière épouse de Barbe bleue avec la petite clef souillée du sang des victimes.
Au matin je passe chez le peintre décorateur du village qui me donne un échantillon de peinture, la restauration commence, la tache se grise et s'agrandit, c'est un autre blanc, je ponce du bout des doigts et finis par trouver la solution dans les tréfonds de la cave où trône le pot du blanc raccord qui va sauver mon honneur. Ouf.

15 heures 59, Riex

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Aussi multiples et distants de nous-mêmes que les innombrables sources d'une même rivière, solidaires.

18 heures, Grillon

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La liste des choses agréables du jour : se lever en même temps que l'aurore, penser à ceux qu'on aime, boire un jus de poire frais, méditer, regarder les laisses, apprendre, échanger, savourer un bon expresso, rigoler, nager dans l'eau douce, mettre la tête sous l'eau, se laisser sécher au soleil de fin d'après-midi, recevoir des SMS imagés, marcher, manger les légumes du jardin, fumer une cigarette en regardant le crépuscule s'installer sur le lac, lire un livre.

12 heures 09, Cully

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On a parlé à l’ombre d’un platane, oh pas beaucoup ! et sans faire de bruit, surtout ne déranger personne ; on s’est souri en un sabir nourri d'arabe et de français du Jorat, avec la curieuse impression d’être du coin – l’un d’eux a travaillé autrefois dans le Jura –, satisfaits des maigres liens qui nous ont fait tenir côte à côte, loin des coups fourrés que se jouaient vendeurs et clients autour de ce foutripi descendu des combles ou remonté des caves qui trônera bientôt sur le buffet du salon.

19 heures, Buisson

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Déguster une journée d'été ensoleillée, farcie d'enchaînements agréables, est un acte de plaisir, le festin est de la prolonger.

20 heures 44, Riez

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La vieille a longtemps conçu sa vie à l’image du Titanic, dûment avertie qu’elle n’échapperait pas aux coups du sort qui menacent toute traversée, mais convaincue également de l’indépendance des différents éléments qui constituent, en droit, chacune de nos existences, à l'image des caissons salvateurs imaginés par les architectes du paquebot.
Pourtant, lorsque les circonstances ont outrepassé les limites réglées par le plan de construction et qu’un pépin a entamé sa vie sur toute sa longueur et sur toute sa largeur, c’est l’ensemble qui a pris l’eau et touché le fond. Si bien qu’elle n’a pas refait surface en écopant, – c’eût été impossible, dit-elle en souriant –, mais en regardant le ciel et en flottant comme un nouveau-né.

10 heures, Colonzelle

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Aussi loin que remontent mes souvenirs j'ai toujours eu une réjouissance à l'arrivée ou au départ de la gare de Fribourg, nous guettions mes grands-parents, côte à côte, qui nous saluaient depuis leur balcon, agitant leurs grands mouchoirs blancs face au passage du train, furtif moment de plaisir.

14 heures 33, gare de Fribourg

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Ce qu'on leur doit et qu'on ne dit pas, parce qu'on ne sait pas trop bien quoi dire et qu'on l’écrit.

10 heures, Valouse

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L'art du trompe-l’œil modifie la perception du sujet, on détourne la perspective pour revenir à l'état naturel des choses.

9 heures 56, Epesses


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Le silence s’est étendu comme l'encre sur le buvard, lequel se troua puis lâcha. Ils se sont retrouvés nus sur le tarmac, dans un monde qui ressemblait bien à celui qu’ils avaient sous les yeux, mais quelque chose s’était mis à clocher, s'était déplacé, ne collait plus, quelque chose avait cédé. On entendit pourtant des pleurs, étouffés, lointains. La dignité voulut que ces sanglots ne recouvrent pas le silence mais le prolongent indéfiniment.

12 heures, Colonzelle

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La bascule des lieux me surprend à chaque fois, aller-retour, la rapidité du transport d'un monde à l'autre reste magique; un de mes voeux et de connaître la téléportation physique.

10 heures 10, Métro ligne 9, Paris 

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Les disparus peuplaient le monde vide, les vieux ceps disparaissaient sous la mauvaise herbe, les champs rétrécissaient comme des peaux de chagrin.

18 heures, Grillon

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La diversité du monde m'alimente de jolis mots : «Laziza, farfalina, louloubia, ya tibia lublu... », tant et tant de sonorités qui me régalent, si c'est cela qui se manifeste pour mon bien et celui de tous, tant mieux.

14 heures 41, rue des Fossés Saint-Bernard, Paris


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«Ici s’élevait le château des Barons de Montauban, premiers Seigneurs connus de Montbrison. En 1284, Dame Randonne cède par testament ses terres à son fils Roncelin de Lunel, dont les droits sur le château de Montbrison. Plus tard, le Prince d’Orange y paraîtra en maître sous la suzeraineté des Dauphins du Viennois. Les princes d’Orange tenaient leurs droits à Montbrison depuis le mariage de Raymond IV des Baux avec Anne de Viennois, fille du Dauphin Jean. Ils en seront Seigneurs jusqu’à la révolution.
La première construction apparaît vers la fin du XIème, début XIIème siècle. La ceinture et les autres bastions datent du XIIIème siècle ou du XIVème siècle. Une muraille s’élevait au Sud-Est du plateau et servait de défense au château-fort. A l’est une muraille s’élève, percée d’une porte monumentale. Environ 300 personnes vivaient au Vialle, où une chapelle était encore en service jusqu’au XVIIème siècle. Vers 1359 Guillaume des Baux, frère du Prince d’Orange fut emprisonné dans le donjon suite à un conflit entre le Dauphin et le Prince.
Une légende orale venue du fond des temps raconte que le château, du haut de son pic rocheux était imprenable. Les Seigneurs environnants se livraient alors de nombreuses batailles pour agrandir leurs domaines, et seul Montbrison résistait. Un chevalier plus astucieux que les autres eut l’idée d’attacher des bougies allumées aux cornes de centaines de chèvres lâchées une nuit dans la Lance. Très intriguée par ces flammes dansantes, la garnison au grand complet se rassembla au sommet du donjon abandonnant toute surveillance. Les remparts ainsi désertés par les curieux furent bientôt franchis par les rusés assaillants, et la porte ouverte aux troupes assiégeantes cachées non loin dans les fourrés.»
(D’après A. Le Roux J.C Mège, Petit guide de Montbrison-sur-Lez, 1996)

20 heures, Montbrison-sur-Lez

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Apres toutes ces années de questionnements me voilà enfin initiée au kaolin "Kew" en Wolof, le marchand en a de provenance malienne et de la Côte d'Ivoire, mon initiatrice prétend que celui du Cameroun est le meilleur, une jeune femme me dit que celui du Sénégal est un régal, elles me préviennent qu'il ne faut pas tomber dedans, rode un tabou d'addiction, une fois que tu commences tu peux plus t'en passer, je croque dans la pierre argileuse et inodore, oh surprise ! le phénomène est culturel, c'est comme manger le sable de son pays. 

19 heure 07, rue Dieu, Paris

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Ils découvrent alors que les alentours qui semblaient se taire parlent d’autres langues sans repousser la leur, et qu’il existe d’autres attelages. Ils tendent l'oreille, les yeux, la main, et tout ce qu'ils ont appris se mêle soudain à ce qui déborde autour d’eux, dans un instant à pente nulle.

11 heures, Montrond-les-Bains



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C'est si agréable. La ville qui s'oxygène, se vide, se détend, tout est plus léger, le grand chassé-croisé des 4 points cardinaux, ceux qui s'échappent et ceux qui reviennent chargés d'arômes de vacances à partager, sur le zinc du petit matin.
Comme j'aime Paris l'été, c'est une fête en vérité.

7 heures 07, Gare du Nord, Paris


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Il est plus facile d’entrer dans la ville que d’en sortir, je le sais d’expérience.

16 heures, Sauvain



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Depuis des années sous le lit traînent toutes les lettres que j'ai reçues, une sieste sur un tapis de lettres d'amour toutes fenêtres ouvertes, un courant d'air qui souffle dans les rideaux, la musique orientale du voisin, les mots de la radio d'un autre, les sonorités des cuisines sur cour, les sirènes de la ville, je ne reçois plus de lettre depuis que les mails les ont remplacées, heureusement les siestes d'été persistent.

17 heures 28, rue du Dahomey, Paris

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Le vent ondule, la rive résiste, l’homme s’affaire, le fruit mûrit. Chacun témoigne dans sa langue, là où il est, du point de tangence des innombrables mondes qui l’entourent et qu’il frôle. D’où le chant du coq au milieu du jour – le silence parfois –, le grain du granit et du grès, le doux et l’amer de nos vies, le parfum des haies vives, l’entrelacs de l’ombre et de la lumière.

16 heures, Saint-Etienne-du Molard


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Je me laisse distraire jusqu'à l'étourdissement en observant les successions fragmentées de la vie.

11 heures 15, place Gambetta, Paris

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On a beau faire comme on veut, mais les ajustements auxquels le monde et nos penchants nous condamnent sont en si grand nombre que nous nous retrouvons bien souvent seuls, accompagnés par des fantômes, chargés de nous conduire à l’endroit même d’où ceux avec lesquels nous avions rendez-vous sont partis pour nous rejoindre, là où nous ne sommes plus.

17 heures, Corcelles-le-Jorat

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Voilà ce qui m'enchante, célébrer le beau quand il est là, m'orienter vers les touches d'équilibre qui se manifestent entre ciel et terre, être reliée au juste sens.

11 heures 28, Cully



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Fraises, ombre, sieste. Un pas de plus, ça aurait fait un poème.

15 heures, Corcelles-le-Jorat

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Ouvrir un chemin sur un sol vierge pas à pas ou fendre l’eau douce d’un brasse régulière la tête prise dans un masque, cueillette imaginaire dans l’air ambiant.

17 heures 56, bain des dames, Cully

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Rien sinon un peu de ce rien qui dort à côté du lieu où nous sommes, où qu’on soit, en juillet ou en août, entre les pavés ou sur la place des villages déserts, derrière les volets clos ou à la lisière des bois, un peu de ce rien qu’il nous faut nommer, nommer encore, sans vacances ni jours fériés.

13 heures, Cully

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Tout tient de la qualité du sommeil, si par bonheur celui-ci s’étire au petit matin, égaré par un réveil duveteux ; s'installe le luxe d’une lenteur assumée.

9 heures 20 la gare, Epesses



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Elles vont du même pas, au rythme de leur cœur fatigué, corps soumis à l'épreuve ; chacune respire avec peine l'air rare d’août ; le soleil ne les épargne pas, elles vont sans coiffe de bure, ni apprêt ni plainte ; elles vont assurées que l'appel viendra.

19 heures, Corcelles-le-Jorat

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S’observer dans les transhumances de l’été plus ou moins lointaines, on va on vient, tous avec nos petits bagages consignés dans le coeur.

12 heures 53, derrière l’église de St-Vincent, la bocca della verita, sur la route de Glion, les Planches. 


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Certaines têtes vides, violentes, dormantes, attendent dans le désert un signe de reconnaissance qui ne vient pas. Les circonstances les amènent à prendre l’affaire en main et à produire, parfois, le signe attendu, un double signe qui attesterait qu’il n’y a décidément rien qui vaille la peine et que leur tête est bel et bien vide : un carnage et leur suicide. Si celui-ci court-circuite leur démonstration – dont la poursuite devient impossible –, elle revêt dangereusement l’habit clinquant et séduisant de l’acte libre.
Il conviendrait donc, non seulement de protéger la société des actes meurtriers de ces anonymes – car, quoi qu’on en dise, ils n’ont pas de nom – , mais aussi de les maintenir en vie aussi longtemps qu’ils n’éprouvent pas ce qu’il ne cessent de nier et qu’ils partagent avec le reste de l’humanité, – quand bien même il serait plus judicieux de le leur faire voir lorsqu’ils sont enfants, de le leur faire toucher, entendre, sentir, goûter avant qu’on leur ait vidé la tête.

16 heures, Crissier

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Il y a des lieux traversés de notre enfance ou des choses, maintenant disparues avec le temps, elles réapparaissent intimement à nos sens, un éventail de réminiscences.

20 heures 40, la Crottaz, Corseaux

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Accorder un droit, c’est toujours, d’abord, une manière de garder la main. S’imposer un devoir, c’est tout autre chose, c’est faire un pas.

19 heures, Corcelles-le-Jorat

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Cet honneur, je l’ai accueilli comme un signe de grande chance, nous nous sommes observés, il s’est posé à un bras de moi, le Martin pêcheur, prestige d'une fin d’après-midi sur le rivage. 

17 heures 53, Jardin instinctif, les Grangettes


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Nourriture sous clé et partenaire sexuel sous toit, l’homme tourne, avide et sans relâche. Le menace aujourd’hui ce qui lui donne tant d’assurance

17 heures, Corcelles-le-Jorat